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LA VIE SCOLAIRE
d'après Gustave Gaudet

Si les Acadiens ont attendu plus d'un siècle avant de voir la naissance du premier collège, les petites écoles également ont connu un long cheminement avant d'arriver à nos polyvalentes d'aujourd'hui. Le passé a eu ses maîtres ambulants à partir du début de la colonie. Ils donnaient "quelques bribes de savoir" et les premiers rudiments de la lecture au long du parcours de leur route. Avec le temps surgissent dans les villages, des petites écoles avec les ardoises, les bancs doubles et le poêle à bois. La vie scolaire d'alors englobait le syllabaire jusqu'au 4ième livre. Par la suite, on établira divers grades. A la gloire de la maîtresse du village d'autrefois, celle-ci était respectée, reçue à bras ouverts. Elle avait l'autorité; "la strappe" jouait un rôle important dans le maintient de la discipline. Le catéchisme était essentiellement des cours préparatoires à la Communion Solennelle. Ils devancent de loin, les nombreux cours de toutes sortes qui se donnent aujourd'hui. Avant les années 1950, la maîtresse n'avait à sa disposition qu'une demi-heure pour enseigner la religion à sept ou huit grades; elle ne pouvait qu'effleurer la matière. Pour remédier à cette situation, les enfants devaient suivre trois semaines de catéchisme en juillet. Ces cours se donnaient à l'église et se couronnaient d'un diplôme de Communion Solennelle. Plusieurs enfants parcouraient à pied des distances de quatre à cinq milles. On était aux temps héroiques, comparés à nos jours où l'on voit les enfants prendre d'assault les autobus même pour aller aux jeux. Ces leçons de catéchisme disparaîtront avec l'apparition des grandes écoles où l'on peut consacrer le temps voulu à cette matière. Emile Lauvriere disait: "L'histoire de l'Acadie est une leçon d'espérance." Nous avons à rendre hommage à toutes ces personnes qui nous ont précédées, à ceux et celles de la première heure comme à ceux de la onzième heure.

TOUTES CES PETITES ECOLES

La fermeture des écoles de rangs dans les paroisses et dans les petits villages de la Vallée et avec la venue du transport par autobus scolaires des élèves (même dans les première années de scolarité) on centralise les écoles parfois situées à des milles de leur foyer. Ceci affecte notre sens de l'histoire car les jeunes ne sont plus attachés à leur communauté; les jeunes vont au village voisin durant le jour et sont seulement à la maison pour y passer la nuit et les fins de semaine. Les villages deviennent des rangées de maisons dans lesquelles le monde vit et les jeunes n'ont plus le sens de la communauté et ainsi ils ne sont plus portés à regarder autour d'eux pour l'histoire locale. Ils dépendent des livres et des personnes qui vont leur parler d'histoire à l'école. C'est un facteur qui veut dire que dans 20 ans, le Canada ne sera plus source de l'histoire orale comme il l'est présentement. Avant la consolidation en 1947-48 des districts scolaires, on pouvait compter dans les paroisses de Memramcook, Lourdes et Pré-d'en-Haut, des petites écoles aux endroits suivants: chez les Beaumont, Pierre à Michel, Belliveau Village, à la Pré-d'en-Haut, dans le Cove, à St-Joseph, à la Montagne, à Dover, à la Hétrière, à McGinley, au chemin de Shédiac, à Gayton's, à Memramcook, au Lac, à Collège Bridge, en Haut du Ruisseau, à Lourdes Nord et Sud. Il y avait 18 commissions scolaires distinctes en 1940 et de ces écoles avaient leurs commissaires ou "trustees" qui étaient élus par les payeurs de taxe de ce district ou de cet arrondissement.